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mercredi 26 juillet 2017

Histoire de biker.123 Texte: Laurent Blasco
Le 31/03/2010

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Biker : Né un quatre juillet ou la vraie histoire de l'equipée sauvage

L'émergence du phénomène «biker» que l'on peut traduire sans détours de ce coté-ci de l'Atlantique par «motard», voit le jour avec la fin de la seconde guerre mondiale.
De retour au pays, les boys ne peuvent se fondre dans cette Amérique ultra-conservatrice au puritanisme magnifié par Walt Disney et déjà bien cadenassée par le tout puissant directeur du F.B.I., John Edgar Hoover.

Pour certains, l'attrait pour ce satané engin à deux roues serait dû simplement au fait que les motos US (Harley-Davidson et Indian) ont un bruit qui rappelle celui d'un B17 ou d'un Vought Corsair. S'il est vrai que beaucoup de ces nouveaux motards sont d'anciens pilotes ou membres d'équipage, cela me semble un peu court.
Ne l'oublions pas, l'Amérique au tournant des années cinquante, c'est plus que tout le royaume de l'automobile reine et l'essence même de l'American Way Of Life.
La moto, de part sa marginalité, permet de se réunir entre frères d'arme, de retrouver la camaraderie née sur les champs de batailles d'Europe ou du Pacifique. C’est aussi le risque et donc l’adrénaline; cette même adrénaline qui coulait dans leurs veines lors d’un débarquement ou sous la DCA ennemie
La moto est avant tout le refuge et la révolte d'une jeunesse brisée, incomprise et en colère contre cette immuable société américaine. C'est un premier divorce mais loin d'être le dernier !

Cette nouvelle donne de la moto est particulièrement vivace sur la cote Ouest car le climat permet de l'utiliser toute l'année et de s'affranchir de la sacro-sainte automobile qui fait tant rêver l'Américain moyen.
Peu à peu, des clubs informels se constituent. Ce sont les MC pour Motorcycle Club.
Les bikers ne peuvent adhérer aux structures existantes.
Durant l'entre-deux guerres, la motocyclette était un divertissement décalé pour la haute société. Elle permettait de se faire des frissons en revivant la conquête de l'Ouest sur de luxueuses montures comme les Indian ou Henderson 4 cylindres.
Les moto club existants sont une sorte de Rotary Club motorisé. On y porte par exemple guêtres, cravate et veston. Les clubs affiliés à la fédération motocycliste US (AMA) demandent aux adhérents de revêtir un uniforme aux couleurs de la section locale. Le cuir et les bottes sont réservés aux compétitions.
C’en est vraiment trop pour cette jeunesse qui combattait des régimes qui avaient un goût immodéré pour... les uniformes !

Les premiers moto club « outlaw », (cette dénomination de "hors la loi" a été donnée par la fédération) voit le jour dès l'année 1946.
Il s'agit d'un agrégat de motards se retrouvant au hasard d'un bar qui fait généralement office de station service. Comme dans un autre quartier ou dans la ville voisine, il y a une autre bande qui « sévit » dans un autre troquet, les « hors la loi » se trouvent un logo et un nom de baptême.
Les deux plus importants moto club qui inventent la pratique moderne de la moto sont à Los Angeles, les Gallopin'Goose et les Boozefighters. Ce dernier comptera deux antennes dès 1947, l'une à San Francisco et l'autre, à San Pedro. Le Boozefighters Motorcycle Club (site du BFMC)est toujours bien vivant.
Nous ne pouvons passer sous silence une structure en devenir, les « Pissed Off Bastard Of Bloomingthon » qui dès 1948 deviendront les Hells Angels (site du HAMC). Jack Kerouac et le héros de « Sur la Route » Neil Cassidy fréquentent le Market Street Commando, basé à San Francisco, qui sera le second chapitre du Hells Angels Motorcycle Club.
Le credo des bikers est de se faire plaisir et d'oublier la guerre. Ce sont aussi des sportifs qui pratiquent la moto sous toutes ses formes : dragster, speedway, tout terrain, etc.
Si les plus argentés d’entre-deux roulent sur le nec plus ultra de l'époque en terme de performance, les motos anglaises, la grande majorité s'est payée avec deux mois de solde un V-Twin yankee d'avant guerre.
Afin de le rendre plus performant, ils délestent ces motos de leurs lourds garde boue, mettent une petite selle et gonflent parfois le moteur. Ce sont les bobbers qui donneront naissance dès le début des années 50 au chopper. Parfois, on orne ce « terrible engin » d'une pin-up, encore une réminiscence de la guerre et du Noose Art (décoration des avions). C'est donc au sein de ces clubs que s'invente la kustom kulture ou l'art de la personnalisation (Von Dutch fréquente d'ailleurs les clubs de Los Angeles). Les MC organisent les week-end des " Field Meets " dans la Sierra Nevada qui ne différent pas des concentrations actuelles.
Si les premiers bikers fréquentent quelques fois les prisons, c'est uniquement pour un excès de vitesse ou pour avoir bu de l'alcool sur la voie publique...
Nous sommes très loin de la bande criminelle organisée dépeinte par la presse suite au « non événement » d'Hollister  en juillet 1947 et qui donnera naissance au film « l'Equipée Sauvage ».

Biker : Né un quatre juillet ou la vraie histoire de l'equipée sauvage