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mercredi 26 juillet 2017

La route du Bagne. 12
- Une Harley en Guyane Française -

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  VOYAGE en Harley-Davidson: " La Route du Bagne" écrit par L. Blasco a été publiée par US Cycle en France ainsi que par Cycle World aux USA.

J'ai trop écouté l'hymne biker, le fameux " born to be wild ", j'ai pris au pied de la lettre le folklore Harley : " Go to hell with an harley " et autres " stay an outlaw ". J'ai trop chantonné "si je vais en enfer ce sera sur mon terrible engin… " . Un jour, par une sorte d'évidence ou de logique qui nous dépasse, c'est peut être cela le destin, j'ai débarqué ou devrais-je dire "je me suis déporté" au pays du bagne en Guyane française avec Harley et bagages.
" J'ai fini à Cayenne ", comme disaient naguère nos anciens, et j'ai marché à vrais dire roulé le long de la route de la transportation, l'ex route coloniale numéro 1, avec comme terminus Saint Laurent du Maroni, autrefois surnommé "la guillotine blanche".

voyage en harley Une Harley Springer dans la forêt équatoriale par plus de 30° C. Le taux d'humidité avoisine les 100%... dur pour les chromes même made in Milwaukee!Je confirme, ils résistent!

J'ai embrassé le pas de ces hommes parfois bagnards célèbres (Dreyfus, Seznec ou Papillon) ou anonymes, simples matricules de l'administration pénitentiaire royale puis républicaine. La plupart n'étaient pas des enfants de cœur bien que l'on ait déporté pour un pain volé…
Je ne pense pas qu'il existe, ailleurs en France, une route qui " transpire " toujours autant la négation de la condition humaine. Des Hommes oubliés, rayés des tablettes de la vie par des systèmes étatiques ont erré sur ce chemin. Oui, l'enfer a existé. Aucun crime ne saurait excuser la sentence d'une mort läche qui n'a pas le courage de dire son nom.
J'ai traqué leurs fantômes ; parler d'eux, c'est un peu alléger la barbarie d'hier...La Guyane au-delà de ce passé, est depuis la base de décollage de la fusée Ariane. C'est aussi une terre d'orpailleurs et d'aventuriers en tous genres; à la fois " L'étoffe des héros " et " Indiana Jones ".


Exotisme :
Aux lueurs du crépuscule, Cayenne s'éveille, écrasée le jour par la chaleur équatoriale.
Cayenne, la noctambule, a su préserver son charme colonial : La place des Palmistes se rythme au son des musiques afro-antillaises (reggae, Zouk, Raggamuffin, etc.) que distillent une multitude de baraques à frites. Une odeur d'épices et de viandes grillées s'en échappe. Un melting pot de populations jeunes à faire pâlir la " Grosse Pomme "(sud américains, chinois, amérindiens, créoles et européens) y déambulent avec nonchalance.
Cette foule colorée venue de tous horizons, des grandes métropoles du Brésil en passant par des contrées à peine échappées " des terras incongnitas " se rue autour de la bête de Milwaukee. A 5° de latitude Nord, la moto se résume quasi -exclusivement aux quatre constructeurs nippons.
Je découvre, si cela était encore nécessaire, que le mythe Harley-Davidson est vraiment universel. Les conversations fusent autour du V-Twin de Milwaukee. Le pauvre pilote est assailli de questions. Elles se poursuivront tard dans la nuit autour de bières brésiliennes "assaisonnées" de quelques ti punch … Ici comme ailleurs, il y a cette légende récurrente de caisses de Harley-Davidson WLA abandonnées par les GI qui ont occupé la Guyane pendant la seconde guerre mondiale. Il y aurait aussi des Electra-Glide ayant servi au sein de la police de l'ex Guyane hollandaise, rebaptisée depuis l'indépendance: Surinam.
J'ai mené l'enquête mais je n'ai dégotté qu'un "vulgaire 100 fonte des années 80 passablement rincé ". " Beaucoup de bruits pour rien " aurait dit le grand William Shakespeare. C'est le propre des mythes d'alimenter les fantasmes. Même au pays de l'Eldorado où l'on peut payer en pépites d'or, certains traquent la vieille dame de l'Avenue Juneau, espérant découvrir le Jack Pot en forme de V-Twin estampillé "made in USA ". La route Cayenne -Kourou, le long de la bande côtière, ménage une longue ligne droite de 70 km entrecoupée de vagues courbes. La nature, au grès de ses caprices, rythme ce parcours :Les savanes inondées ou " pripris " succèdent aux savanes sèches. Certaines de ces dernières rappellent quelques étendues africaines. (N'oublions pas que la Guyane représente 1/6 de la France.)
Des zébus importés de Thaïlande y paissent en toute liberté ; Au loin, l'horizon barré d'une ligne d'un vert tendant vers le noir, la lisière de la forêt, nous rappellent que nous sommes en Amazonie. Passé, les premiers émois, cette autoroute créé pour acheminer les éléments de la fusée, permet de tester les capacités du V-Twin à plein régime… "des clichés du Lac Salé en mémoire, position Rollie Free et envoyez le gros gaz… L'aiguille du compteur est à droite toute. Le miroir joue les girouettes à ce régime prohibé… il pousse bien le moteur Evolution…200 Km/h au moins ". (...)

 
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