La BMW M3 GTR représente l’une des voitures de la gamme M3 les plus exclusives jamais produites par BMW. Cette automobile sortie autour de 2001 et produite à seulement cinq exemplaires est estimée à plusieurs millions d’euros actuellement. Cette machine faite pour la compétition et à peine civilisée est la première M3 à recevoir un V8.
Motorisation : la première M3 avec un V8 !

Si la BMW M3 E46 « classique » est indissociable de son mythique six-cylindres en ligne S54, la M3 GTR adopte une mécanique totalement inédite : un V8 atmosphérique.
Il s’agit du V8 P60B40, cubant 3 997 cm³ et développé par BMW Motorsport pour répondre aux exigences de l’American Le Mans Series. Ce moteur délivre environ 450 ch dans sa version course et autour de 380 à 400 ch pour la version route. Des valeurs hors du commun en ce début de XXIe siècle !
Nous avons affaire à un véritable moteur de course à peine civilisé comme l’atteste son architecture :
- bloc entièrement en aluminium ;
- lubrification à carter sec ;
- vilebrequin allégé ;
- admission courte ;
- refroidissement renforcé.
Par rapport à une M3 E46 standard, le changement est donc total. Le moteur, plus léger que le six-cylindres S54, grimpe dans les tours avec une brutalité inconnue sur une M3. Son poids réduit améliore la répartition des masses et l’inscription en virage.
La BMW M3 GTR, même en version street legal, émet un grondement sec et métallique, presque bestial, qui rappelle la raison pour laquelle elle a été conçue : la course.
Châssis et structure : une M3 conçue pour la compétition
La BMW M3 GTR ne partage avec une M3 E46 que sa silhouette. Cette voiture a été totalement repensée pour répondre aux exigences de l’endurance.
Le châssis est considérablement rigidifié, notamment grâce à l’ajout de nombreux renforts structurels issus de la version de compétition. Nous trouvons également :
- des trains roulants avec des berceaux modifiés ;
- des articulations renforcées ;
- un tarage d’amortisseurs durci.
L’aérodynamique a été également revue avec un bouclier avant plus ouvert, des extracteurs au niveau des ailes, un capot ajouré et un grand aileron sur la version course. La version route conserve la plupart de ces éléments. Ces modifications offrent une stabilité inédite à la BMW M3 GTR par rapport à la version standard.
BMW M3 GTR : un allègement extrême

La GTR fait l’objet d’une cure d’amaigrissement avec une partie de la carrosserie en carbone : capot, ailes et toit. De façon plus anecdotique, les vitres sont allégées et l’isolation phonique est réduite. Au final, la M3 GTR course passe sous la barre des 1 100 kg, contre environ 1 570 kg pour la M3 E46 de série. La version routière, un peu mieux équipée, reste malgré tout beaucoup plus légère que la M3 standard, renforçant encore le contraste entre les deux modèles.
Intérieur : chasser le superflu !

L’habitacle de la M3 GTR reflète sa philosophie : radicale ! La version routière possède un intérieur très spartiate bien qu’elle conserve le tableau de bord de la M3 E46. Pour gagner du poids, tous les équipements de confort ont été supprimés ainsi que la banquette arrière. La BMW M3 GTR Strassenversion (version routière) reçoit deux baquets Recaro, un arceau de sécurité à quatre points boulonné et des garnitures d’isolation moins épaisses.
Prix : un tarif démesuré pour une machine hors norme

Pour justifier son homologation en endurance, BMW a dû commercialiser la M3 GTR en seulement cinq exemplaires et dix versions course. La version route était proposée à 250 000 € à son lancement en 2001, soit quatre fois le prix d’une M3 E46. Ce chiffre s’explique par la nature quasi artisanale du projet et par le fait qu’il s’agisse d’une voiture de course homologuée sur route. Ces cinq exemplaires sont aujourd’hui estimés à plusieurs millions d’euros. Cette voiture préfigure la BMW M3 E92 qui sera équipée du V8 S65.
